Aliens

Sous le titre « Ils sont parmi nous, la nouvelle plateforme de la Maison-Blanche et la déshumanisation des sans-papiers », The Conversation France consacre un article à une section du site gouvernemental des États-Unis, lancée en mai 2026 et  dédiée à la chasse aux « Aliens ».

La première page de cette section, lettres capitales écrites en vert flouté sur fond noir, s’intitule « Aliens. They walk among us ». L’annonce joue sur l’ambigüité du mot Alien : Étranger ou Extraterrestre. Ils marchent parmi nous.

Pendant 60 ans, lit-on sur le site, le gouvernement américain a conservé un secret sévèrement gardé. Ce secret, c’est la présence menaçante d’étrangers sans papiers . « Des Aliens ont marché parmi nous, habité dans nos quartiers, ils ont interagi avec nous dans nos vies quotidiennes. Ils ont fait les courses dans les mêmes boutiques, ont été dans les mêmes classes que nos enfants, et ils ont vécu des existences apparemment semblables… sauf qu’ils ne sont pas d’ici. »

« Des millions sont arrivés dans l’ombre (under the cover of darkness) et se sont incrustés (embedded) directement dans notre société.

« D’innombrables présidents, députés, hauts fonctionnaires savaient ce qui se passait. Au lieu de protéger les citoyens américains, ils ont choisi de le taire et même d’accélérer l’invasion.  Jusqu’à ce qu’un homme eût finalement le courage de dire la vérité. Un homme courageux. Sans reproche. Sans peur. Le président Trump a été le premier à alerter sur le danger réel que les Aliens font peser sur chaque famille américaine, chaque communauté et l’avenir de notre nation. »

Le site comporte un tableau indiquant, pour chaque territoire (neighborhood) le nombre d’arrestations effectuées, la période considérée, les délits ou crimes reprochés et les pays d’origine. On y découvre par exemple qu’à Dallas, Texas, entre le 21 janvier 2025 et le 28 mai 2026, 4 666 arrestations ont été effectuées, Une cinquantaine de délits et de crimes sont mentionnés par ordre alphabétique, commençant par Arson (incendie criminel) et terminant par Weapon offenses (infractions liées aux armes). Quatre-vingt-dix pays d’origine sont mentionnés, de l’Afghanistan au Zimbabwe.

Le site comporte un lien avec le site d’ICE, la police de l’immigration, et incite les citoyens américains à dénoncer ceux qui leur sembleraient « Aliens ». Il les invite à ne pas s’inquiéter s’ils sont témoins de l’arrestation d’un Alien. « L’Alien est entre de bonnes mains. Nous prendrons soin de lui (we will take care of it) et nous le renverrons en toute sécurité à son lieu d’origine ».

L’Alien n’est pas « him » ou « her » (lui ou elle). Il est « it », comme un objet. Il n’est plus une personne, mais une menace. On lui impute d’avance des délits et des crimes. De toute manière, le simple fait d’être sans-papier constitue une infraction qui justifie son expulsion sans que soit considérés son insertion dans la société ni ses liens de famille.

Les États-Unis se sont forgés par l’immigration massive. Ils revendiquent une tradition chrétienne, dont une vertu cardinale est la charité. Comment une partie de l’opinion en est-elle venue à soutenir la chasse aux étrangers ?

Manifestations contre l’ICE à Minneapolis

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *