Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.
Dans cet article, je m’étonne de l’inversion du système de prêt de prêtres au sein de l’Église catholique, du nord vers le sud initialement, du sud vers le nord aujourd’hui ; à la table d’un restaurant, je remarque un détail qui fait la différence ; je découvre avec étonnement que dans un lointain passé, le trait de côte atlantique se situait à soixante kilomètres à l’ouest de sa position actuelle.
Fidei Donum
Dans un article publié par The Conversation intitulé « voyages du pape Léon XIV, ce que les prêtres africains révèlent des reconfigurations du catholicisme », Corinne Valasik souligne le retournement de la dynamique au sein de l’Église catholique. C’est dans les pays du sud que bat désormais le cœur du Catholicisme.
En 1957, le pape Pie XII créa le dispositif « Fidei Donum » (le don de la foi), par lequel des prêtres européens se rendaient pour une durée de 3 à 6 ans en territoire de mission, principalement en Afrique. Le flux est aujourd’hui inversé : environ 3 000 prêtres étrangers, principalement Africains, sont présents dans les paroisses de France, soit environ 20% du total.
L’institution « Fidei Donum » persiste donc, mais ses bénéficiaires et sa finalité ont changé. Lors de sa création, il s’agissait de favoriser la croissance de jeunes communautés. Au vingt-et-unième siècle, les églises jeunes viennent à l’aide de communautés vieillissantes menées par un nombre décroissant de prêtres : 65 000 en 1960, 12 000 aujourd’hui en France.
Pailles et cuillères
Nous sommes trois adultes à dîner au restaurant. Deux d’entre nous commandent un spritz, la troisième s’abstient puis se ravise. Je demande une troisième paille pour partager l’apéritif.
Deux d’entre nous commandent un dessert. La serveuse amène spontanément trois cuillères. Les petites attentions font une grande différence.
Trait de côte
Le recul du trait de côte sur le littoral atlantique préoccupe les habitants. Lors d’une conférence organisée à Carcans, j’ai appris qu’il y a 20 000 ans, le niveau de l’océan était de 120 mètres plus bas que l’actuel. Il fallait parcourir 60 kilomètres, à partir des plages actuelles, pour rencontrer la mer.
Nos lointains ancêtres ont vécu et chassé sur ce plateau continental aujourd’hui immergé. Ils ont peut-être vécu dans des grottes, comme les habitants de la grotte Cosquer, près de Marseille, qui s’ouvre aujourd’hui à 37 mètres sous le niveau de la mer. Des trésors de l’art pariétal ont peut-être été engloutis.