Plebsgate

Andrew Mitchell. Photo The Guardian;

La désinence du mot Watergate a servi depuis des dizaines d’années à nommer une grande variété de scandales : le dernier en date, le « Plebsgate », a conduit à la démission du « Chief Whip » britannique, Andrew Mitchell, à la suite d’une altercation avec des policiers assurant la sécurité de Downing Street.

 Le Chief Whip est l’équivalent du président du groupe parlementaire de la majorité en France, mais à la différence du système français il fait aussi partie du gouvernement. Son rôle consiste à s’assurer que les députés de base (backbenchers) suivent les consignes de vote du gouvernement. Le mot « whip » signifie fouet, ce qui indique la nature pas totalement paisible de la fonction.

 Andrew Mitchell a probablement été choisi pour ce rôle en raison de son tempérament combatif. Toujours est-il que, confronté à des policiers qui refusaient de le laisser passer à bicyclette par la grande porte qui barre Downing Street et prétendaient l’obliger à emprunter la sortie de service, il s’échauffa et insulta copieusement les fonctionnaires de police. Mitchell s’est excusé pour son comportement déplacé. En revanche, il ne reconnait pas avoir prononcé deux mots que les policiers lui attribuent : « morons » (attardés mentaux) et « plebs » (prolos). A vrai dire, ce n’est que le second qui fait problème. L’opinion britannique y a vu une illustration du mépris de l’élite Tory, formée à Eton, Oxford et Cambridge, pour les couches populaires.

 Le problème pour Mitchell est que ce fut sa parole contre celle des policiers. A ce jeu, il ne pouvait avoir le dessus : prétendre que les policiers mentaient ne pouvait que confirmer le sentiment qu’il les méprisait. Nourri de ce cercle vicieux, le « plebsgate » s’enfla de semaine en semaine. L’acharnement de David Cameron à défendre son Chief Whip s’est révélé une coûteuse erreur politique.

VatiLeaks

 

Tarcisio Bertone, Secrétaire d'Etat et Cardinal Camerlingue. Photo La Croix.

La presse se fait l’écho des fuites de courriers confidentiels du pape Benoît XVI, probablement dans le cadre d’une tentative de déstabilisation du Secrétaire d’Etat du Vatican, Tarcisio Bertone.

 Le pape a nommé Tarcisio Bertone Secrétaire d’Etat, l’équivalent d’un premier ministre, en 2006 peu après son accession au pontificat. Il entendait qu’un homme de confiance gère la bureaucratie vaticane, lui laissant ainsi le loisir de se concentrer sur les questions doctrinales.

 Visiblement, le binôme à la tête de l’Eglise Catholique est dysfonctionnel. Le Vatican est traversé par des luttes de clans pour le pouvoir, dans lesquelles l’argent joue un rôle capital. La bureaucratie vaticane, loin d’unir ses forces pour servir les objectifs de l’Eglise, se divise contre elle-même.

 C’est probablement le principe même d’une division des tâches entre gouvernement et doctrine, reflétant l’opposition du matériel et du spirituel ou de l’impur et du pur, qui est en cause.

 Le spirituel est-il étranger aux corps, ceux des individus comme des sociétés ? Gouverner de manière autoritaire, machiste et opaque n’aurait-il aucune portée spirituelle ? Si au contraire on se prenait à rêver, encourager la prise de parole et l’initiative des croyants les plus humbles, obliger les clercs à rendre compte de leurs actes, placer les femmes à égalité de droits avec les hommes, tout cela  ne serait-il pas porteur d’un message évangélique ?