2084, la fin du monde

Dans « 2084, la fin du monde » (Gallimard, 2015), l’écrivain algérien Boualem Salem décrit une dictature religieuse sans frontières de temps ni de lieu. Son livre, magnifiquement écrit, fait froid dans le dos.

Ce serait en 2084 qu’une guerre sainte aurait assuré le triomphe définitif de Yölah et de son délégué, Abi. À vrai dire, les dates n’ont plus d’importance puisque « les temps avaient changé, selon la Promesse primordiale, un autre monde était né, dans une terre purifiée, consacrée à la vérité, sous le regard de Dieu et d’Abi, il fallait tout renommer, tout réécrire, de sorte que la vie nouvelle ne soit d’aucune manière entachée par l’Histoire passée désormais caduque, effacée comme n’ayant jamais existé. » Continuer la lecture de « 2084, la fin du monde »

Vers l’autre rive

Avec « Vers l’autre rive », le cinéaste japonais Kiyoshi Kurosawa a obtenu le prix « un certain regard » au Festival de Cannes 2015.

Un soir Mizuki (Eri Fukatsu), reçoit chez elle une visite hallucinante : celle de son mari Yusuke (Tadanobu Asano), mort noyé dans un lac trois ans auparavant. C’est bien lui, en chair et en os, elle peut le toucher jusqu’à un certain point, car trop d’intimité ne serait pas convenable avec un défunt de retour sur terre. Continuer la lecture de « Vers l’autre rive »

La mémoire du chapeau à Chazelles sur Lyon

Le musée-atelier du chapeau à Chazelles sur Lyon, dans les monts du Lyonnais, offre au visiteur un parcours rempli de nostalgie.

Chazelles sur Lyon est une petite ville située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Lyon, proche de Saint Galmier (la source Badoit) et des monts du Forez. Elle a dû pendant quatre siècles sa prospérité à une spécialité : la chapellerie de feutre de poil de lapin domestique, de lapin de garenne et de lièvre. Continuer la lecture de « La mémoire du chapeau à Chazelles sur Lyon »

Marguerite

« Marguerite », film de Xavier Giannoli avec Catherine Frot dans le rôle principal, raconte le destin d’une femme passionnée d’opéra, trompée sur ses talents de cantatrice, surtout désireuse de ranimer l’amour de son mari.

La baronne Marguerite Dumont (Catherine Frot) a été dotée d’une immense fortune par héritage et d’un titre de noblesse par son mariage avec Georges (André Macron). Elle est passionnée de musique et dévorée du désir de chanter, pour elle-même et en public. Elle est affligée d’une voix de fausset mais n’en sait rien : nous sommes en 1920 et les enregistrements sur gramophone sont encore une rareté. Continuer la lecture de « Marguerite »