Maubuisson, le Pôle

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Le Pôle de Maubuisson est le centre de l’activité de la station.

Autour de cette place vaguement elliptique, on trouve le débit de tabac, quelques commerces, la boite de nuit le Coyote, le syndicat d’initiative et le bureau de poste, une série de restaurants en plein air et une air de jeux pour les tout petits.

Le centre de la place est parfois occupé par les étals d’un marché artisanal. Certains soirs, une estrade est montée pour une animation. Ce soir, on diffuse de la musique dansante, avec une prédominance de morceaux des années soixante à quatre-vingt.

Mon attention est attirée par un groupe de quatre handicapés moteur sur leurs fauteuils électriques. Une jeune monitrice danse pour eux et tente de les entraîner dans le rythme par tout le mouvement dont leurs visages et leurs bras sont capables. Les fauteuils avancent, reculent, tournent dans un curieux sentiment d’irréalité qui contraste avec l’intense sensualité du corps en mouvement de la jeune femme.  La scène est cruelle : la pesanteur contre la grâce. Elle est aussi emprunte de fraternité. Ses acteurs partagent la joie de la musique et de la danse, malgré les chaînes qui les emprisonnent. 

Photo du film « Le Refuge »

Maubuisson Hanoï

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Les grands week-ends d’été, la piste cyclable entre Maubuisson et Carcans Océan pourrait être classée rouge par « Bison Futé ».

Maubuisson a aujourd’hui un faux air de Hanoï. Une nuée de vélos a pris possession de l’espace et jongle entre les voitures bloquées par un gigantesque embouteillage. Il y a des vélos pour grands et petits, des VTT flambant neufs et des vélocipèdes hors d’âge sortis du grenier pour l’occasion, des tandems, des vélos articulés, des vélos avec remorque.

Le chargement est hétéroclite : enfants casqués, planches de body-board, caisses de pique-nique avec bouteilles de rouge, serviettes de bain, parasols, crèmes solaires, pelles et sceaux. L’armée du Vietcong avançant en vélos sur la piste Ho-Chi-Minh n’était pas plus lourdement équipée. Des européens du nord pédalent avec leur matériel de campement et le ravitaillement pour un mois.

On rencontre sur la piste des joggers, des patineurs à roulette ou à patinette, des poussettes d’enfant poussées par des piétons ou des patineurs, des promeneurs avec ou sans chien. Une famille insouciante du danger flâne tranquillement sur la piste tandis que des vélos croisant à grande vitesse tendent d’éviter les jeunes enfants.

Circuler sur la piste n’est pas sans danger. Peu d’usagers sont attentifs à leur trajectoire. Des enfants zigzaguent, par inexpérience, par jeu ou par épuisement. Des rêveurs contemplent la flore des bas-côtés. Des cyclistes du dimanche renouent avec une pratique du vélo oubliée depuis vingt ans. Les croisements tiennent souvent du hasard, voire du miracle.

Au parking de la plage, des centaines de bicyclettes alignées attendent tranquillement leur propriétaire. Il y a tant de monde que deux intervalles de surveillance des bains ont été mis en place. Une grosse femme ficelée dans un maillot sans forme laisse voir une peau devenue, sous l’effet du soleil, rose jambon. Une pin’ up se fait voir dans sa beauté dans un bikini rose.

Photo « transhumances »

Maubuisson côté Atlantique

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La plage est, aux côtés de la forêt de pins et du lac, le principal attrait de la station de Maubuisson, sur la commune de Carcans, en Gironde.

Sur deux cents kilomètres, de Soulac à Hossegor, la côte atlantique est une immense plage de sable fin adossée à une dune, a peine trouée par l’estuaire du Bassin d’Arcachon. De loin en loin, des agglomérations se sont formées. Carcans Plage, à 6 kilomètres de vélo de Maubuisson, est l’une d’elles. Il y a là des parkings, plusieurs boutiques de plage, quelques bars qui proposent des sandwiches et des glaces et le Restaurant Chez Heidi célèbre pour son cochon grillé. Des accès à la mer ont été aménagés pour franchir la dune sans l’endommager.

Toute l’année, des surfeurs expérimentés pratiquent à Carcans Plage, et pendant les vacances scolaires des écoles forment les débutants. En juillet et août par beau temps, des milliers de personnes se retrouvent sur le sable. Un dispositif de surveillance est en place. L’océan est généralement dangereux, avec des trous d’eau appelés ici « baïnes », traversés par de forts courants latéraux. Plusieurs sauveteurs sont juchés sur une chaise à quelques mètres du sol, d’autres sont positionnés sur des véhicules mobiles, d’autres encore sifflent les imprudents, prêts à intervenir.

Le bain dans les vagues est un moment de bonheur voluptueux. L’océan procure apesanteur, exaltation, force, respiration. Un papa à genoux dans les vagues laisse éclabousser son bébé émerveillé. Une jeune fille glisse sous les vagues et sourit. Des dizaines de jeunes cherchent la bonne vague et se laissent entraîner sur leur body-board jusqu’au rivage environnés d’écume. Des gens de tous âges laissent claquer les vagues sur leur corps, ou s’immergent pour réapparaître dans l’écume.

La plage est un festival de couleurs. Entre la bande beige du sable et le pâle azur du ciel, l’océan brille de la réflexion du soleil sur les vagues crénelées d’écume. Les parasols, les maillots de bain, les serviettes sur le sol, les cerfs-volants offrent un patchwork de teintes étincelantes. Allongées, de jolies filles exposent leurs corps magnifiques.

Le sens dominant du vent est le nord-ouest. On respire à pleins poumons un air chargé d’iode, d’algues marines et de grands espaces.

Photo « transhumances »

Maubuisson à bicyclette

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Plus encore qu’un moyen de locomotion, la bicyclette est l’un des plaisirs des vacances à Maubuisson. Les textes ci-dessous ont été écrits au fil de promenades cyclistes ces dernières années.

Joie de pédaler par une belle après-midi fraîche et ensoleillée sur la piste de Lacanau qui sent bon le pin et la bruyère. Plaisir de rouler vite et sans fatigue excessive, de sentir son corps respirer à son rythme, de s’immerger dans l’Océan et se sécher sur le sable chaud. Emotion à croiser un couple à bicyclette. Il pédale, elle est assise sur le guidon face à la piste, son cou appuyé sur son épaule, joue contre joue.

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Sur la piste cyclable étroite de Lacanau à Carcans Océan, je me range pour laisser passer une famille. La mère de famille s’adresse à l’enfant d’une douzaine d’années qui ouvre la marche : « Antoine, dit merci au monsieur ! ». Derrière elle, un garçon plus jeune lui demande : « maman, pourquoi as-tu demandé à Antoine de dire merci ? » « Parce que le monsieur s’est rangé pour nous laisser passer ». Arrivé à ma hauteur, le petit garçon s’exclame triomphant : « merci Antoine ! ».

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Je roule à bicyclette sur la piste souvent défoncée de Bombannes à La Gracieuse, mettant pied à terre lorsque je ne peux éviter les trous. Il fait chaud, mais les ombrages et, par moment, un souffle d’air marin, rendent la promenade agréable.

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Après avoir dépassé les phares d’Hourtin, je me dirige vers l’Océan par la piste étroite qui débouche sur le pare-feu du Gemme. Les cigales font un bruit assourdissant. À mesure que j’approche de la dune, les effluves de pin le cèdent à une entêtante odeur de maquis, semblable à celle qui accompagne nos randonnées à La Réunion. La dune a le parfum de mon enfance : petit garçon à Stella-Plage, je m’imaginais conduire une 403 camionnette bâchée sur des routes balisées par les massifs d’oyats.

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J’ai fait réviser ma bicyclette et j’ai l’impression d’avancer facilement sur ma piste favorite, par l’étang de Cousseau, le Carrefour de Marmande et Carcans Plage. Alors que je marque une pause, j’avise une ravissante jeune femme. Elle est noire, a de longues jambes, porte un bermuda brun et un soutien-gorge rose et sa tête est coiffée d’un chapeau de paille à larges bords, rose lui aussi. Elle chevauche une bicyclette rouge. La silhouette élancée de la jeune femme, le contraste du rose sur la peau noire, l’élégance du chapeau dégagent un sentiment d’insolite beauté.

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Je vais à bicyclette me baigner à Hourtin plage, a 22 kilomètres de Maubuisson. Le temps est couvert. L’air est chargé de senteurs d’humus, de pins et d’embruns que le vent doux transporte et dont je me remplis les poumons. Une jeune biche traverse la route lentement, me toise et s’éloigne lorsque je m’arrête pour lui faire face. Près de la plage, je croise un jeune couple. Elle est installée inconfortablement sur le porte-bagages de sa bicyclette, tient une planche de surf de la main droite et s’accroche à sa taille par le bras gauche. Elle respire le bonheur. Je me plonge dans l’océan. Les vagues lavent mon corps couvert de sueur.

Photo « transhumances »