Transsibérien

Dans « Transsibérien » (le livre de poche, 2012), Dominique Fernandez raconte le voyage réalisé au printemps 2010 par une vingtaine d’intellectuels français et russes à bord du train mythique, de Moscou à Vladivostok. Les photos sont de Ferrante Ferranti.

J’avoue être encombré de préjugés à propos de la Russie, pour ne pas parler de la Sibérie. J’ai tendance à y voir un bloc hostile, dirigé par des despotes, hanté par le souvenir des déportés, transi de froid et trompé par la vodka. Le livre de Dominique Fernandez est bienvenu. Au fil de son voyage de trois semaines en Transsibérien par Nijni Novgorod, Ekaterinbourg, Novossibirsk, Krasnoïarsk, Irkoutsk et Oulan Oudé, il parvient à faire aimer ce grand pays. Continuer la lecture de « Transsibérien »

Et je danse, aussi

C’est un livre étrange et captivant qu’ont écrit à deux voix, par courriel et en improvisation, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat : « et je danse, aussi » (2015, disponible en livre de poche).

Les auteurs se sont glissés dans la peau de deux personnages. Pierre-Marie Sotto est un romancier à succès, lauréat du prix Goncourt. Il reçoit un jour une grande enveloppe qu’il prend pour un manuscrit avec, au verso, un nom, Adeline Parmelan et une adresse mail. Continuer la lecture de « Et je danse, aussi »

Bleus horizons

Dans « Bleus horizons » (Folio, 2014), Jérôme Garcin évoque la mémoire du poète Jean de la Ville de Mirmont à travers la vie d’un compagnon fictif du poète, mort sur le Chemin des Dames en novembre 1914.

 « Transhumances » a récemment rendu compte des deux textes laissés par de Mirmont : un recueil de poème, « l’horizon chimérique » et un roman, « les dimanches de Jean Dézert ». Le beau roman de Jérôme Garcin rend hommage à celui qui, s’il n’avait été fauché par un obus à l’âge de 27 ans, aurait pu être le Rimbaud de sa génération. Continuer la lecture de « Bleus horizons »

Les jougs de Jérémie

Dans « Les jougs de Jérémie » (Le Corridor Bleu, 2016, 84 pages), Agnès Gueuret évoque sous forme poétique le prophète comme un « homme de chair et de sang, pris en son temps dans les tourmentes de l’Histoire ».

Jérémie a parfois mauvaise presse. On raille ses « jérémiades », les plaintes que le sac de Jérusalem arrache au prophète impuissant. « Jérémiades » signifie dans le langage courant « plainte, récrimination sans fin et qui importune ». Continuer la lecture de « Les jougs de Jérémie »