Ballet Black

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Le Place Theatre de Watford a programmé le 4 mai un magnifique spectacle de danse par la troupe Ballet Black.

Ballet Black (http://www.balletblack.com/) a été créé il y  a une dizaine d’années pour donner leur chance à des danseurs d’origine noire ou asiatique.

Pendulum, une chorégraphie réalisée en 2009 par Martin Lawrance sur une musique de Steve Reich écrite en 1968, est une œuvre impressionnante. Elle met en scène un couple de danseurs, Cira Robinson et Jazmon Voss. « Pendulum est un duo qui balance entre des images de combat et des moments de proche partenariat entre ses deux danseurs », dit Martin Lawrence. Le chorégraphe « utilise les rythmes de battement de cœur des Mouvements du Pendule de Steve Reich pour élever les pulsions de son travail jusqu’à une compétition, un menace ou une poursuite. Tandis que les danseurs se confrontent l’un à l’autre dans des tourbillons, la tension qui s’accumule leur donne une aura de danger et de séduction », écrivait The Guardian en 2009.

La musique joue un rôle fondamental dans Pendulum. Au début de la chorégraphie, tout est silence : on n’entend que le frôlement et le heurtement des corps. Puis se mettent en place des graves qui font vibrer les spectateurs, avec un rythme de plus en plus implacable. C’est magnifique.

Illustration : photo de Ballet Black.

« España ! » à Bordeaux

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La Galerie des Beaux-Arts de Bordeaux présente jusqu’au 30 mai « España ! », une exposition consacrée à des œuvres d’artistes espagnols ou d’artistes français fascinés par l’Espagne.

Les œuvres présentées appartiennent à la collection du Musée des Beaux Arts. Le musée lui-même aurait besoin d’une sérieuse mise à jour : il se présente aujourd’hui comme un bric à brac où coexistent des œuvres secondaires et quelques perles. La partie la plus intéressante est celle consacrée à l’art du dix-neuvième et vingtième siècles, où l’on peut admirer des œuvres des peintres bordelais Odilon Redon, Albert Marquet et André Lhote. Le musée de Bilbao a prêté une remarquable Annonciation du Greco. J’ai été frappé par le désespoir absolu qui se dégage de deux toiles d’Alessandro Magnasco sur les galériens à Gênes en 1708.

Toute proche du musée lui-même, la Galerie des Beaux-Arts expose des œuvres issues des collections, autour d’un thème et selon les critères d’une muséologie moderne. Il était logique que soit présentée une exposition consacrée à l’Espagne, toute proche de Bordeaux. La ville a un lien particulier avec la peinture espagnole : Goya est y est mort en 1828. L’exposition présente plusieurs planches lithographiques des « Taureaux de Bordeaux ».

La Calèche à Séville d’Yves Brayer (1907 – 1990), qui orne l’affiche de l’exposition, témoigne de la fascination de l’Espagne sur les artistes français.

Illustration : affiche de l’exposition « Espana ! » à la Galerie des Beaux Arts de Bordeaux

DSK au FMI

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Le Seuil publie un livre de Stéphanie Antoine, journaliste à France 24 : « DSK au FMI, Enquête sur une renaissance » (février 2011). Un livre utile à quelques mois, ou semaines, de la possible candidature de Dominique Strauss Kahn à l’élection présidentielle française.

« Etes-vous toujours de gauche ? » demande au directeur général du FMI le modérateur d’un débat à Genève le 8 décembre 2010. « J’ai réussi certaines choses, d’autres non, j’essaye de contribuer à mettre en œuvre un système efficace qui produise, car si on ne produit pas, il n’y a rien à partager. Il faut lutter jour après jour pour corriger les inégalités et faire en sorte que le résultat de son action ne soit pas seulement l’enrichissement de la collectivité pour elle-même, mais la réalisation de chacun en termes d’éducation, de santé. Un programme que vous pouvez mettre en œuvre en tant que maire d’une ville ou comme directeur général du FMI ». « Ou comme président de la République française », commente Stéphanie Antoine.

Telle est la conclusion de l’enquête de la journaliste sur Dominique Strauss Kahn ces quatre dernières années. On le voit, après la démission de Rodrigo Rato, précédent directeur général du FMI, mobiliser ses réseaux avec l’aide du premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker et « oublier » de consulter les Britanniques, qu’il devine hostiles, sur sa candidature. Une fois installé à Washington il découvre une institution surdimensionnée par rapport à ses ressources et honnie par une partie de l’opinion mondiale, particulièrement dans les pays asiatiques. Il réduit les coûts, supprime 400 postes et investit dans la communication, interne et externe.

Au début 2008, alors que la crise des subprimes a commencé, il affiche son pessimisme. A rebours de l’orthodoxie du FMI, il appelle les Etats à soutenir la conjoncture par la dépense publique. Il place d’emblée l’institution qu’il dirige au cœur de la réaction contre la crise. Son rôle central est confirmé au sommet du G20 à Londres en avril 2009 : ses ressources passent de 250 a 750 milliards de dollars, à quoi s’ajoutent 250 milliards de « droits de tirage spéciaux » (droits d’emprunter dans panier de monnaies au taux d’intérêt pondéré de ces monnaies).

Strauss-Kahn obtient que le FMI vende une partie de son stock d’or, et qu’une partie du produit de la vente serve à consentir des prêts à taux zéro aux pays les plus pauvres. Il obtient aussi la mise en place de prêts sans conditions à des Etats « préqualifiés » selon le critère de leur bonne gestion, alors que la règle d’or du FMI était la conditionnalité de ses financements.

Le FMI a regagné en quelques années, en vertu de la crise mais aussi sous l’action de son directeur général, une crédibilité telle que son intervention est réclamée par les Etats Européens pour le sauvetage des pays en crise de la zone Euro, Grèce, puis Irlande et maintenant Portugal.

« Les pays qui vont bien, les peuples qui avancent le plus vite, même s’ils sont partis de loin, sont ceux que l’action des gouvernants et le discours des élites ont cherché à placer au cœur du débat mondial », dit DSK. Ceux qui vont le plus mal sont ceux dont les élites intellectuelles, politiques, syndicales, patronales s’enferment dans les vieux modèles et se replient sur elles-mêmes. Ce que j’ai appris, c’est que l’économie est bel et bien mondialisée et qu’il n’y a pas de solution nationale. J’en étais convaincu de façon abstraite et théorique, maintenant je l’observe tous les jours. L’ambition que doit avoir la pensée politique de gauche est d’instituer un espace politique à l’échelle de l’économie ».

On se prend à rêver. Et si le prochain président de la République mettait au cœur de son action et de son discours l’adaptation de notre société a une économie ouverte au lieu de stigmatiser des minorités et d’ériger des barrières ? Et si le prochain président de la République travaillait modestement, au jour le jour, et tenait suffisamment bien le cap pour pouvoir négocier ?

Photo FMI : Dominique Strauss-Kahn.

Noces Royales

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Dans The Guardian du 30 Avril, Martin Rowson livre une délicieuse interprétation du mariage entre le Prince William et Kate Middleton, célébré la veille à Westminster devant un million de spectateurs à Londres, vingt trois millions de téléspectateurs en Grande Bretagne et plusieurs centaines de millions dans le monde.

« Ne regardez pas en bas ! » exhorte le dessin. En bas, la terre est un volcan en effervescence. Les participants à la noce s’avancent sur une passerelle suspendue dans un ciel irréel. On reconnait les jeunes mariés, la Reine et la famille royale, l’horrible petite demoiselle d’honneur boudeuse, l’Archevêque de Cantorbéry, un émir, David Cameron et George Osborne.

La particularité de cette passerelle, c’est qu’elle est constituée de langues entremêlées. A droite du dessin, on voit les commentateurs vedettes de la télévision, postés devant une forêt d’objectifs. C’est à leurs langues qu’est amarrée la passerelle.

Puissance de la caricature ! En Grande Bretagne, les noces royales ont été vécues dans la joie : joie d’un long week-end de trois jours allongé d’une journée pour l’occasion ; joie d’un cérémonial parfaitement orchestré dans ses moindres détails ; joie des vêtements somptueux, des fanfares, des couleurs, des carrosses ; joie trouble du jeu des célébrités et des stars. Ce que Martin Rowson nous dit, c’est qu’il s’agit d’un spectacle, conçu et réalisé par et pour la télévision. Ce spectacle parle aux gens parce qu’il s’enracine dans une tradition qui résonne dans leur tendre enfance, parce qu’un mariage de jeunes qui semblent s’aimer d’amour est émouvant, parce qu’il fait rêver d’une autre vie. En ce sens, les noces royales sont connectées avec la vie des gens. Mais elles sont d’abord et avant tout une production médiatique.

Illustration : The Guardian, caricature de Martine Rowson, The Guardian, 30 avril 2011.