Comment les détenus habitent-ils la prison ?

La revue en ligne Métropolitiques a récemment publié un article écrit en 2018 par Lucie Bony, chargée de recherche au CNRS, dont les travaux articulent les champs de recherche sur la ville et la prison. Son titre : « rapports sociaux en détention et usages de l’espace carcéral ».

La prison est un espace si contraint – par son exigüité et par le poids des règlements – qu’on pourrait s’attendre à ce que les manières de l’habiter soient largement uniformes. Or ce n’est pas le cas. « Les rapports sociaux en détention sont marqués par l’inégalité ». Selon le milieu social, l’âge, la durée de séjour ou encore la situation pénale de chacun, les personnes détenues habitent les lieux de manière différenciée. Continuer la lecture de « Comment les détenus habitent-ils la prison ? »

Régulation carcérale en Angleterre

En août 2025 a été publié à Londres un rapport indépendant sur la capacité des prisons en Angleterre et au Pays de Galles (Independent review of prison capacity). Il s’interroge sur les raisons pour lesquelles « l’offre » de places de prison (le nombre de places disponibles) et la « demande » (le nombre de places nécessaires pour loger les prisonniers décemment) ne se sont jamais ajustées.

La situation des prisons outre-Manche ressemble à beaucoup d’égards à celle qui prévaut en France. Il y a pourtant une différence majeure : là-bas, on considère que le taux de 100% d’occupation est une limite au-delà de laquelle le système s’effondrerait ; ici, on accepte sans souciller que trois détenus partagent une cellule de 9 m², l’un d’entre eux dormant sur un matelas au sol. Continuer la lecture de « Régulation carcérale en Angleterre »

Prisons, 500 ans d’histoire derrière les barreaux

Dans son numéro de novembre 2025, la revue Historia a publié un dossier intitulé « Prisons, 500 ans d’histoire derrière les barreaux ».

 Dans un article intitulé « la peine de prison : une révolution oubliée », Hervé Leuwers souligne la rupture apportée par l’adoption d’un code pénal par l’Assemblée en septembre 1791. Auparavant, « les principales sanctions criminelles sont la mort (sous ses différentes formes (pendaison, roue, bûcher…), les galères (bagne) et le bannissement. Les villes, pour autant, disposent de nombreux lieux d’enfermement ; mais leur utilité est d’abord d’accueillir des prévenus en attente de jugement, des endettés (de peur qu’ils s’enfuient), des mendiants, des vagabonds et des personnes incarcérées sur ordre du roi (lettres de cachet). » Continuer la lecture de « Prisons, 500 ans d’histoire derrière les barreaux »