Chronique d’étonnement n°115

Je souhaite partager dans « transhumances » ce qui m’a étonné, dans ma vie personnelle comme dans l’actualité.

Dans cet article, je fais découvrir notre quotidien régional à une petite-fille de onze ans ; je m’étonne qu’à Mayotte, les citoyens des Comores ne soient plus majoritaires parmi les migrants ; la station de Maubuisson, presque vidée de ses touristes par la proximité des incendies, me rappelle le confinement imposé contre l’épidémie de Covid il y a six ans.

Lire un quotidien

J’invite une petite-fille de onze ans à explorer notre quotidien régional, Sud-Ouest. Nous ouvrons le journal du jour. À la une, les nouvelles qui devraient, selon la rédaction, intéresser le plus les lecteurs. En dernière page, la météo, les horaires des marées, le saint du jour. Les nouvelles nationales et internationales. Les faits divers. Les actualités des communes du Bassin d’Arcachon et du Médoc. La nécrologie.  Les jeux. Le sport.  Les programmes de télévision. Ne pas chercher à tout lire, se laisser porter par nos centres d’intérêt.

Je partage le plaisir que j’éprouve à lire chaque jour mon journal. J’ai aussi le sentiment de faire œuvre utile : l’éducation aux médias devrait faire partie du parcours de tous les jeunes. J’éprouve aussi une gêne. Le journal papier n’est pas écologique. Supplanté par le numérique, son image devient ringarde. Mais comment engager une éducation à l’information numérique lorsqu’on déconseille l’accès aux écrans avant l’âge de treize ans ?

Migrants à Mayotte

Dans un article intitulé « dans le camp de Tsoundzou, à Mayotte, les oubliés de la route migratoire de l’Océan Indien », The Conversation France indique que les Comoriens ne sont plus le principal groupe national parmi les migrants à Mayotte. Ils sont maintenant supplantés par des ressortissants de la République Démocratique du Congo.

Le magazine cite aussi le Burundi, la Somalie, la Tanzanie et le Yémen, que des hommes, des femmes et des familles quittent pour rejoindre Mayotte après des parcours parfois longs de plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Afrique orientale et l’océan Indien.

Réminiscence

J’avance avec la poussette d’une petite-fille de treize mois sur la promenade du lac de Maubuisson. L’air est lourd des odeurs et des particules de l’incendie qui ravage les environs de Lacanau, à quelques kilomètres d’ici. Je marche presque seul dans cet espace qui, habituellement de la mi-juillet à la mi-août, est bondé de personnes de tous âges et de toutes nationalités. La Vigilance noire a eu un effet dissuasif.

C’est le mois de mars 2020 qui me revient en mémoire. Nous avions décidé de nous confiner à Maubuisson. Je promenais en poussette un petit-fils âgé de presque un an. Nous ne rencontrions presque personne, si ce n’est les rondes de la police municipale et de la gendarmerie.

Ce que vit la Gironde en ce mois de juillet 2026 représente un choc. Nous nous sentons vulnérables, désemparés. Comme lorsqu’il y a six ans nous réalisions qu’un virus, le Covid, pourrait menacer nos vies.

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