La Cage Dorée

« La Cage Dorée », premier film de Ruben Alves, est une jolie comédie qui réjouira les amoureux des Portugais, du Portugal et de Paris.

 Maria Ribeiro (Rita Blanco) est, depuis trente ans, concierge d’un immeuble haussmannien de Paris. Elle est gentille, serviable, corvéable à merci sans jamais perdre le sourire. Son mari José (Joaquim de Almeida) est l’homme à tout faire de l’immeuble ; mais pendant la journée il est chef de chantier dans une petite entreprise familiale de travaux publics, un ouvrier estimé, mal payé, irremplaçable. Continuer la lecture de « La Cage Dorée »

La Cathédrale Saint André de Bordeaux

Nous avons eu l’opportunité de visiter la Cathédrale Saint-André de Bordeaux, guidés par une bénévole de l’association « Ars et Fides ».

 « Ars et Fides » est une association qui entend présenter l’art (Ars) dans le contexte de foi (Fides) d’un monument religieux spécifique. Ses bénévoles cherchent à exprimer « l’âme » d’un monument, le mouvement spirituel qui a pris la forme d’œuvres d’art grâce à des techniques architecturales, sculpturales ou picturales.

 Notre guide est une femme du troisième âge qui, mue par son enthousiasme et une énergie peu commune, nous maintient en haleine malgré la froide humidité de la Cathédrale pendant deux bonnes heures. Elle nous explique l’histoire de l’édifice, dont on reconnait le soubassement roman datant du 11ième siècle et les modifications dans le style gothique au cours des trois siècles suivants. Continuer la lecture de « La Cathédrale Saint André de Bordeaux »

Docteur Cac

Chaque jour vers 20h20, France 5 présente une émission économique réjouissante et instructive : « Docteur Cac ».

 Je suis loin d’être un esclave du petit écran. Je préfère généralement un bon livre, une soirée au théâtre ou un dîner entre amis à une émission de télévision. Je ne zappe pas. Je ne regarde pas de feuilleton. Ma liberté souffre toutefois une exception : « Docteur Cac », l’émission diffusée vers 20h20 par France 5. Circonstance atténuante, mon addiction est limitée à 5 minutes par jour.

 Le Docteur Cac se présente comme professeur d’économie. CAC en trois lettres comme « c’est assez clair » (ou comme CAC 40 !), et grâce à lui l’économie va le devenir, assez claire ! Il traite de sujets d’actualité : pourquoi les Chinois financent-ils la dette européenne ? Pourquoi le chômage aime les jeunes ? Faut-il acheter français ? Qu’est-ce que le FMI ? Etc. Il illustre son propos par des extraits de films. Et c’est là que la série devient irrésistiblement drôle : les films sont des navets américains, de préférence des années cinquante, doublés en français avec une tonalité à la fois nasillarde et emphatique qui n’existe pas dans la vraie vie.

 Acteurs et actrices, dont gomina et robes à floques révèlent immanquablement le type culturel américain, minaudent, se menacent, s’emportent, se giflent, s’esclaffent… mais l’objet du drame qu’ils jouent est la crise de l’Euro, le PMU ou le déficit des finances françaises en 2013 ! Le spectateur nage dans l’absurde avec délectation. Le plaisir ouvre la voie à l’apprentissage. Docteur Cac est une émission instructive. On apprend plus sur l’économie dans ces épisodes de cinq minutes que dans beaucoup d’émissions savantes.

Soirée de Fado à Villenave d’Ornon

 

Fado à Torres Vedras. Source : site Internet de la ville.

 La ville de Villenave d’Ornon, dans la banlieue de Bordeaux, fête les vingt ans de son jumelage avec Torres Vedras, au nord-ouest de Lisbonne.

 Pour marquer l’évènement, des chanteurs et guitaristes de Fado de Torres Vedras avaient fait le déplacement à Villenave d’Ornon. Une soirée avait été organisée au « Cube », une salle polyvalente installée au cœur d’un complexe sportif. Le tour de chant fut d’une qualité remarquable.

 Des tables circulaires avaient été installées sur le parterre. A l’entracte, du vin, des charcuteries et des pâtisseries furent servis. Une bonne partie de l’assistance était de la nombreuse communauté portugaise à Bordeaux, malgré la concurrence déloyale du match de football Bordeaux – Benfica au stade et à la télévision ! Nous fîmes connaissance d’Alonso et de sa famille. Il est charcutier traiteur sur les marchés de la région, et est présent pendant l’été sur le marché du mercredi à Maubuisson. Nous nous sommes promis de nous y retrouver en juillet août.

 Les jumelages ont parfois mauvaise presse aujourd’hui. On les considère comme une relique de l’après-guerre, quand la réconciliation des peuples européens était cruciale. On y voit un cadre protocolaire propre à flatter les notables mais sans réel intérêt pour la population. On voudrait qu’ils soient davantage centrés sur la coopération économique.

 Le jumelage de Villenave d’Ornon et de Torres Vedras est une réalité vivante et populaire. Il est possible qu’il doive sa vitalité à la présence en Gironde d’une communauté portugaise vibrante et attachée à ses racines. Comme toute forme sociale, le jumelage n’existe et ne se développe que par l’action d’hommes et de femmes qui s’y investissent.

La soirée au Cube m’a rendu présents par la pensée mes anciens collègues de Lisbonne, António, Luciana, Luís, Pedro, Raúl… et l’aventure humaine que nous avons vécue ensemble de 2003 à 2007.

Une rue de Torres Vedras. source : site Internet de la ville.