Clairvaux, d’un enfermement à l’autre

La maison centrale de Clairvaux, prison pour longues peines, fermera à la fin 2022. Elle occupe depuis 1808 le site de l’Abbaye fondée par Saint-Bernard.

Jean-Noël Jeanneney a récemment consacré une  émission de la série Concordance des temps sur France Culture à « Ce que Clairvaux peut encore nous dire ». Il recevait l’historienne Isabelle Huellant-Donat, qui déplorait le projet de destruction des bâtiments carcéraux édifiés dans les années 1970 sur l’emplacement de l’Abbatiale. Elle considère en effet qu’il existe une continuité entre le monastère et la prison, et que raser l’incarnation la plus récente de cette continuité en raison de sa laideur constituerait un affront à l’histoire. Continuer la lecture de « Clairvaux, d’un enfermement à l’autre »

La Nuit des Rois

Dans « la Nuit des Rois », Philippe Lacôte fait vivre au spectateur la nuit de la lune rousse dans une prison africaine. Un caïd vit les dernières heures de son pouvoir et de sa vie ; un jeune homme mourra s’il cesse de raconter des histoires avant que se lève le jour.

 La prison est la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan, la MACA. Le hasard veut qu’elle soit aussi le cadre du programme de justice réparatrice décrit par Thérèse de Villette dans un livre qui a fait l’objet du précédent article de « transhumances ». Deux visions opposées : dans le livre de Villette, l’administration pénitentiaire pilote une innovation ; dans le film de Lacôte, le directeur baptisé Nivaquine (Issaka Sawadogo) et les surveillants sont retranchés dans une pièce et n’ont d’autre alternative que de regarder passivement ce qui se passe ou de tirer dans le tas. Continuer la lecture de « La Nuit des Rois »

Nos jeunesses perdues

Dans « nos jeunesses perdues », documentaire réalisé en 2019, Éric d’Agostino immerge le spectateur dans le centre fédéral fermé pour jeunes délinquants de Saint Hubert, dans les Ardennes belges.

 Le centre accueille des jeunes de 16 à 22 ans, et donc à la fois des mineurs et de jeunes adultes. Il a été ouvert en 2010, dans des bâtiments qui font partie d’un centre de détention. Sa capacité d’accueil est de 13 personnes. Continuer la lecture de « Nos jeunesses perdues »

Le sabordage du Genepi : un gâchis

La direction du Genepi, association qui avait été créée en 1976 comme « Groupement étudiant national d’enseignement aux personnes incarcérées » a annoncé le 2 août sa dissolution. L’association portait le nom d’une plante qui pousse là où personne ne va, dans une analogie avec les étudiants appelés à se rendre en prison.

Depuis 2019, le Genepi avait cessé d’intervenir en détention, et se définissait désormais comme « association anticarcérale et féministe ». Continuer la lecture de « Le sabordage du Genepi : un gâchis »