Le colonel Chabert

Le roman de Javier Marías, Los Enamoramientos, m’a donné envie de lire « le colonel Chabert », écrit par Balzac en 1832 et publié sous sa forme définitive en 1844.

 Un thème récurrent de l’œuvre de Javier Marías est l’attitude des vivants à l’égard des morts, entre deuil, remords et oubli. Il est fasciné par le personnage du colonel Chabert, donné pour mort après une charge héroïque à la bataille d’Eylau en 1807, miraculeusement rescapé et revenu à Paris dix ans plus tard pour récupérer sa femme et sa fortune. Chabert interroge Rosine, sa femme, remariée en son absence, devenue Comtesse Ferraud et mère de deux enfants : « Les morts ont donc bien tort de revenir ? » Continuer la lecture de « Le colonel Chabert »

Tel père tel fils

« Tel père tel fils », film du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda, nous invite à réfléchir sur la filiation, biologique et affective.

 Deux bébés sont échangés à la naissance. Ils sont élevés dans une autre famille. L’une de ces familles est aisée et traditionnelle, l’autre pauvre. Quelques années plus tard, la vérité éclate et, avec elle, la question de quelle est la « vraie » famille des enfants. Continuer la lecture de « Tel père tel fils »

Histoire des miens

Dans « l’histoire des miens » (Storia della mia gente, Bompiani 2010), Edoardo Nesi dit la colère et l’amour de sa vie d’industriel de province.

 Edoardo Nesi est l’héritier d’une entreprise textile de Prato fondée par son grand-père dans les années 1920. Le livre s’ouvre sur la vente de l’entreprise familiale, le 7 septembre 2004. Il s’achève par une manifestation de masse, le 28 février 2009, pendant laquelle on porta dans les rues de la ville un drapeau italien de plusieurs centaines de mètres de long sur lequel était inscrit : « Prato ne doit pas fermer ». Continuer la lecture de « Histoire des miens »

François Mauriac contre son camp

« Mauriac contre son camp », une anthologie d’articles politiques écrits par François Mauriac en sa qualité de journaliste de 1933 à 1968 (Collection Les Rebelles, Le Monde, 2012) fournit un intéressant témoignage sur l’évolution d’un intellectuel catholique au vingtième siècle.

 Fils d’une famille bourgeoise girondine, François Mauriac a grandi dans un milieu conservateur et catholique, nationaliste, antiparlementaire, antisocialiste et anticommuniste. On peut ajouter à ces caractéristiques l’antisémitisme. L’affaire Dreyfus trouva son apogée en 1899. Mauriac avait alors 14 ans, et il ne cessera de s’y référer comme un événement structurant pour lui-même comme pour la société française. Continuer la lecture de « François Mauriac contre son camp »