Au Café existentialiste

Dans « Au café existentialiste, la liberté, l’être et le cocktail à l’abricot », la philosophe anglaise Sarah Bakewell livre un formidable récit de la naissance et du développement de l’existentialisme.

La quatrième de couverture explique le titre de ce passionnant ouvrage : « Paris, 1932. Trois amis se réunissent dans un célèbre café de Montparnasse. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir écoutent Raymond Aron, de retour de Berlin, parler d’une forme de pensée radicalement neuve qu’il a découverte : la phénoménologie. En guise d’explication, Aron pointe son verre du doigt et dit à Sartre : « Tu vois, tu peux parler de ce cocktail, et c’est de la philosophie ! » Intrigué et inspiré, Sartre élabore une théorie philosophique fondée sur l’existence vécue, dont le quartier de Saint-Germain-des-Prés va devenir l’emblème. » Continuer la lecture de « Au Café existentialiste »

Idolâtrie bleue

Comme des millions de Français, j’ai passé des heures scotché devant la télévision lors de la finale France-Croatie, puis du triomphe sur les Champs Elysées.

 Malgré mon aversion pour les enthousiasmes de masse, j’ai donc succombé à l’idolâtrie bleue. Je me suis convaincu d’avoir gagné, alors que je suis resté paresseusement sur mon sofa. J’ai vibré pour l’équipe nationale à chacune de ses rencontres. Continuer la lecture de « Idolâtrie bleue »

Patria o muerte

Le roman « Patria o Muerte » d’Alberto Barrera Tyszka, traduit en français sous le titre « les derniers jours du Commandant » raconte l’étrange atmosphère qui régna au Venezuela à partir de la révélation du cancer du président Hugo Chavez en juin 2011 jusqu’à son décès le 18 février 2013.

Au pouvoir depuis 1999, Chavez « avait refondé l’Etat et le pays comme un système que ne fonctionnait qu’en tournant autour de lui, en prononçant son nom ». Sa maladie, et son mutisme alors qu’il était autrefois capable de parler des heures à des foules hypnotisées, créa un vide vertigineux. Le pays, dit Barrera Tyszka, s’était transformé en salle d’attente, en couloir d’hôpital bruissant de rumeurs et de questions. Continuer la lecture de « Patria o muerte »

Tout feu tout flamme

Arte TV a récemment diffusé « tout feu tout flamme », étincelante comédie de Jean-Paul Rappeneau (1982) avec Yves Montand et Isabelle Adjani dans les rôles principaux.

Pauline Valance (Isabelle Adjani) mène une vie trépidante. Brillante polytechnicienne, elle est conseillère d’un ministre impliqué dans de délicates négociations à Bruxelles. À la maison, elle joue, depuis le décès de sa mère et en l’absence de son père, le rôle de chef de famille ; elle a en charge ses deux sœurs, adolescentes, et une grand-mère aussi adorable qu’hors-circuit. Elle n’a guère de temps à consacrer à son fiancé Antoine Quentin (Alain Souchon), qui doit se contenter de la portion congrue. Continuer la lecture de « Tout feu tout flamme »